Le nervi du Président

L’affaire Benalla commence à prendre une ampleur, certes justifiée, que l’on n’osait imaginer hier matin. Le principal intéressé est en garde à vue depuis ce matin, et cette procédure, enfin enclenchée, ne doit absolument rien à sa propre hiérarchie ou à ceux qui lui ont permis de se défouler comme il l’a fait le 1er mai dernier.

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Ce scandale est bien plus qu’un simple dérapage ou un impair dans la gestion de la sécurité et des ressources humaines de l’Elysée. S’il sème la colère et, au moins, la consternation chez toute personne pourvue d’une once de civisme, de bon sens et de bonne foi, nombre de questions sont encore sans réponse :

  • On peut croire, naïvement, que la sécurité du Président de la République était assuré par des fonctionnaires d’élite rattachés au Groupe de sécurité de la présidence de la République. En fait, non, ou plutôt pas seulement, puisque des individus comme Alexandre Benalla peuvent aussi se voir affectées de telles missions et disposer des moyens de la police (voiture avec gyrophare sur calandre, brassard, moyens de communication…) sans pour autant en faire partie. Comment cela est-il possible et acceptable ?

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  • En quoi ce type de comportement est-il si différent de ce que les plus âgés d’entre nous ont pu connaître dans les années 60 et 70 avec le Service d’Action Civique, de sinistre mémoire ?
  • La vidéo montrant Benalla tabasser un manifestant a été diffusée très rapidement début mai, et elle a visiblement été vue très rapidement par les responsables de l’Elysée, puisque des sanctions ont été prises dès le 3 mai. Que des sanctions internes soient prises, c’est effectivement un minimum, au vu du dérapage constaté. Mais comment expliquer que les responsables de M. Benalla aient décidé sciemment d’étouffer l’affaire et de ne pas transmettre à la justice les éléments dont ils avaient connaissance, alors que ceux-ci constituaient manifestement un délit ? Peut-être pensaient-ils disposer d’un statut d’extraterritorialité et que l’article 40 du Code de Procédure Pénale ne les concernaient pas ? En même temps (!) l’article en question ne prévoit pas de sanction pour les fonctionnaires et officiers publics qui ne le respecteraient pas… Alors, pourquoi se gêner ?

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  • Le métier de communicant est souvent difficile et parfois ingrat, mais comment peut-on prendre ses concitoyens à ce point pour des demeurés en se raccrochant aux branches comme l’entourage de la présidence le fait en ce moment ? Bruno Roger-Petit nous explique, sans rire, que la sanction infligée à Alexandre Benalla (15 jours de mise à pied) est « la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée ». Il nous lâche aussi qu’une deuxième personne ayant commis des faits similaires, Vincent Crase, a été remerciée. Voilà voilà… Le bon peuple peut retourner dormir puisque nous veillons à tout et qu’une sanction « grave » a été prise très rapidement. Fermez le ban, circulez, il n’y a plus rien à voir ! Cette intervention calamiteuse met en lumière 2 points : d’abord, certains collaborateurs sont plus protégés que d’autres, ainsi M. Crase n’a pas la chance de M. Benalla et n’a pas bénéficié de la même indulgence. Ensuite, à propos de la gravité historique des sanctions prises, Aquilino Morelle, qui lui a été viré par François Hollande du jour au lendemain sans jamais avoir été soupçonné de la moindre infraction pénale, a dû en avaler son chiffon à lustrer les souliers !
  • Pourquoi Emmanuel Macron, pourtant au sommet de la chaîne de responsabilité et proche, au moins professionnellement, d’Alexandre Benalla, se mure-t-il dans un silence aussi inaltérable que la République et nous montre de ce fait un mépris totalement inoxydable ?

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  • Edouard Philippe a déclaré jeudi 19 juillet que l’affaire « est désormais aux mains de la justice et c’est très bien ainsi ». Que ne l’a-t-il pas fait saisir plus tôt, la Justice ? Aurions-nous été informé de ce scandale sans le professionnalisme d’Ariane Chemin et du journal « Le Monde » ?
  • Durant la journée du 1er mai, pourquoi les fonctionnaires de police qui accompagnaient Alexandre Benalla l’ont-ils laissé intervenir sans réagir alors qu’il ne devait être qu’observateur ?
  • En plus d’un casque de police, protection compréhensible, pourquoi Alexandre Benalla disposait-il des autres attributs de la police : brassard, talkie-walkie ?

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D’autres points vont encore être soulevés et probablement nous scandaliser dans les jours qui viennent. Préparons-nous à en savoir (encore) un peu plus sur la considération que le pouvoir en place porte aux gueux que nous sommes.

Enfin, en guise de conclusion, une petite remarque complémentaire qui en dit long sur notre propre résignation quant à la manière dont la police traite les manifestants : les vidéos montrant Alexandre Benalla ont bien été diffusées rapidement après le 1er mai et elles n’ont pas suscité de commentaires particulièrement scandalisés. En effet, nous, les français, sommes de plus en plus résignés et considérons comme « normal » de subir les exactions des forces de l’ordre dans le cadre de manifestations publiques pourtant autorisées et, dans leur écrasante majorité, pacifiques.

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2 réflexions sur « Le nervi du Président »

  1. …maintenant lisez 15 ANS DE MAFIA…vous y trouverez des usurpations de fonctions (dont officier traitant de la DGSE) qui gravitent dans les milieux mafieux. Un ancien pigiste d’un journal français qui se balade dans les couloirs du ministère de l’intérieur, qui prend attache avec des policiers et des juges belges pour soi-disant enquêter sur un réseau de pédophiles mais qui en fin de compte se sert de ce qu’il a appris pour créer son propre réseau de pédophiles. Tout ceci n’est pas une fiction mais le récit bien réel d’un militaire français travaillant pour les services de renseignement (services secrets français). Le cas BENALLA n’est pas isolé !

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  2. Les jeunes qui ont filmé la scène méritent d’être décoré de la Légion d’Honneur par le Président de la République pour avoir servi la justice !

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