Joyeux anniversaire Manu !

Comme je gagne ma vie depuis un certain nombre d’années déjà, et que je suis diplômé, permets-moi de t’appeler « Manu », Monsieur le Président. Cette petite familiarité ne diminue en rien le respect que je te porte, et je t’autorise en contrepartie à m’appeler « JP ».

Un an… Un an « déjà » que nous avons quitté l’ancien monde pour intégrer la Startup Nation, grâce à notre jeune Président que le monde entier nous envie.

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Consterné par le quinquennat précédent, encore très énervé par celui d’avant, j’ai choisi, en toute liberté de voter pour Emmanuel Macron dès le 1er tour de l’élection présidentielle en 2017. Puis, logiquement, j’ai voté pour le candidat LREM, que je ne vous connaissais pas, au 1er et au 2ème tour des élections législatives.

Ce n’était pas un choix par défaut, mais la volonté de porter une équipe nouvelle au pouvoir, une équipe capable de remettre notre pays en marche et « en même temps » de garantir une certaine justice sociale sans tomber dans la démagogie.

Je pensais sincèrement qu’Emmanuel Macron pouvait fluidifier une économie de marché et « en même temps » protéger les plus faibles d’entre nous contre les travers d’un libéralisme trop inégalitaire.

Je pensais sincèrement que le nouveau pouvoir allait tenir compte du bien-être des gens et faire de la protection de la planète une priorité qui irait, au moins de temps en temps, contre les pressions des lobbies agro-industriels.

Bref, je pensais sincèrement que notre nouveau Président allait donner un nouveau souffle à l’action publique, en étant, quand il le faut, suffisamment directif avec les puissants et en protégeant les plus faibles.

Après un an, on a un peu de recul, et beaucoup de surprises : à l’opposé du précédent Président qui était faible avec tout le monde, Emmanuel Macron nous montre qu’il est toujours aussi faible avec les forts mais que, par contre, il sait être très fort avec les faibles ! La politique de réduction des APL est particulièrement symbolique de cet état d’esprit : les propriétaires (bailleurs sociaux ou privés) étant trop gourmands, le gouvernement décide de réduire autoritairement le montant des APL sans aucune compensation pour les bénéficiaires à très faibles revenus, qui sont les seuls pénalisés dans cette affaire.

Je ne vais pas détailler toutes les mesures antisociales, favorisant les très riches sans contrepartie, anti-écologiques ou ouvertement néo-libérales prises depuis un an (IFI, Exit Tax, cellule de dégrisement fiscal, privatisations, code du travail, CSG, Glyphosate, agro-carburants…) mais je vais revenir quand-même sur trois exemples qui sont significatifs de l’idéologie du pouvoir macronien tel qu’il s’est dévoilé au cours de cette année :

– La suppression de l’ISF : cette suppression immédiate nous coûte cher et ne va rien rapporter à l’économie. Comme nous l’a gentiment expliqué Mme Pénicaud sur France Inter en janvier dernier, elle va « investir » les 49 000 € d’ISF qu’elle n’aura personnellement plus à payer tous les ans dans « des entreprises à travers un fonds qui soutient l’économie sociale et solidaire ». En fait d’investissement, ce type de démarche est un simple placement : on achète des parts d’un fond qui sont vendues par d’autres avec une plus-value (ou pas) sans pour autant créer de richesse. En clair, cette nouvelle loi permet à Mme Pénicaud de voir son patrimoine (7 500 000 € en 2017 quand-même) croitre de 49 000 € par an au détriment de la communauté nationale et sans aucune contrepartie.
– Les privatisations : voilà un sujet sur lequel on a un peu de recul depuis 37 ans. Les nationalisations/privatisations depuis 1981 ont toujours eu le même effet : on nationalise les pertes et on privatise les bénéfices. Ce n’est pas Feu le délinquant Serge Dassault qui aurait dit le contraire, lui qui, en plus de son talent de capitaine d’industrie et des aides publiques, a profité pleinement de l’aller/retour nationalisation/privatisation pour devenir la 4ème fortune de France. Sans remonter aussi loin, l’exemple désastreux de la privatisation des autoroutes et de celle avortée de l’aéroport de Toulouse n’ont servi à rien : nous allons brader ce qui nous reste d’ADP, d’Engie, de Renault, de la Française des Jeux au profit exclusif de quelques grands groupes qui ont parfaitement compris l’intérêt de capter de telles rentes de situation. Le prix de vente de ces sociétés n’atteindra même pas 10 années de leur propre bénéfice, ce qui signifie que, si l’état souhaite réellement disposer d’une avance de trésorerie d’un tel montant, il aurait bien plus intérêt à emprunter une telle somme sur 10 ans et à rembourser les échéances avec les dividendes perçus pendant cette période. Cette privatisation dépasse la simple notion de scandale pour frôler celle d’une spoliation du patrimoine public au profit d’intérêts privés.
– L’écologie : Emmanuel Macron pourrait faire siennes les paroles de Nicolas Sarkozy en mars 2010 « l’environnement, ça commence à bien faire ». En effet, plutôt que d’assurer la protection des citoyens et de la planète, le gouvernement a fait le choix de ne rien changer et de céder, de capituler en rase campagne, aux différents lobbies agricoles et industriels (FNSEA, UIPP, ANIA, CEDUS…) qui mettent en avant la préservation (toute hypothétique) de l’emploi pour justifier de continuer à nous empoisonner de manière tout à fait certaine. Les mauvais exemples sont malheureusement dramatiquement nombreux pour montrer que nous n’avançons pas vers une meilleure protection de notre santé et de notre planète : pas de nutri-score imposé sur l’étiquetage alimentaire mais un appel au volontarisme des industriels (l’ANIA et le CEDUS en rient encore), une interdiction de façade des pesticides associée à des accords dérogatoires en pagaille sur le terrain (avec la FNSEA et l’UIPP, l’immobilisme est en marche et rien ne l’arrêtera), des importations d’huile de palme facilitées pour des volumes ahurissants dont le seul but est de ne pas déplaire au gouvernement indonésien et avoir ainsi l’espoir de lui fourguer quelques Rafales ou d’autres armes.

Il y a d’autres sujets, qui touchent moins à l’économie mais plus aux libertés publiques et qui mériteraient qu’on s’interroge aussi sur leur traitement :
La loi sur les fausses nouvelles : Nicolas Boileau disait « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément ». Quand on voit la difficulté que les parlementaires, ont à définir ce qu’est une fausse nouvelle, on peut se faire du souci quant à l’utilité d’une telle loi, d’autant plus que la loi de 1881 permet déjà de lutter contre les fausses nouvelles et que c’est plus le manque de moyens de la justice et des magistrats qui pose problème en cas de poursuites. Petite question complémentaire : avec la loi sur les fausses nouvelles, Mediapart aurait-il pu dénoncer les actes délictueux de Jérôme Cahuzac ?
– Le sort des réfugiés : de nombreuses personnes justifient la passivité des gouvernements français (déjà bien avant 2017) par la phrase de Michel Rocard « La France ne peut accueillir toute la misère du monde », mais bien peu prennent le risque de citer la fin de sa phrase : « mais elle doit en prendre fidèlement sa part ». La critique du gouvernement italien, populiste et d’extrême droite, est facile mais que fait la France, au sein de l’Union Européenne, pour prendre sa part du problème ? A ma connaissance rien qui soit à l ‘échelle de notre rang dans l’Union.
– Le maintien de l’ordre : la France est et doit rester un Etat de droit et pour cela, sa police doit être respectée. Le meilleur (le seul) moyen d’être respecté, c’est d’être respectable. Malheureusement, l’attitude des forces de l’ordre est loin d’être à la hauteur sur ce terrain : traitement inhumain des réfugiés à Calais, gazages intempestifs de manifestants pacifiques quand ce ne sont pas des matraquages extrêmement violents, inaction devant les exactions des black blocks, gardes à vue abusives de lycéens mineurs… Les exemples sont dramatiquement nombreux.

On a vite reproché à Emmanuel Macron d’être le Président des Riches. Il est même plus que cela : notre Président est celui du dernier centile, c’est à dire les 1 % les plus riches du pays. Ces premiers de cordées ont obtenu tout de suite plus qu’ils ne rêvaient d’en avoir même avec un gouvernement de droite « dure » de type François Fillon.

On attendait Churchill et on a Thatcher.
On aurait voulu Kennedy et on a Bush, le fils, hein, pas le père.
J’aurais aimé Rocard et je ne vois que Chirac 1986.

L’année dernière, nous avons donné le pouvoir, tous les pouvoirs, à La République en Marche et à notre nouveau Président. Il ne faudrait pas que ce mandat de 5 ans soit capté entièrement par les premiers de cordées.

La République en Marche dispose de la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Entre la cacophonie de la précédente majorité socialiste et le parti de 314 godillots qu’on peut voir aujourd’hui, il y a peut-être une troisième voie à explorer ?

Quant à moi, je resterai un citoyen attentif à mon environnement économique, politique et social et j’espère pouvoir vous dire un jour combien je me suis trompé en vous écrivant cette note aujourd’hui.

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